Lutter contre le manque de médecins généralistes en zone rurale!
En quoi consiste cette proposition de résolution déposée par Dimitri FOURNY et Consorts?
Etat des lieux:
Aujourd'hui, moins de jeunes médecins font le choix de pratiquer la médecine générale.
Depuis plusieurs années, le nombre de médecins passant le cap de l'ouverture d'un cabinet de médecine générale est en baisse dans tout le pays, et plus particulièrement dans certaines zones à densité moindre.
Le numerus clausus, instauré en 1997 pour limiter le nombre de nouveaux médecins, n'arrange rien et entraîne aujourd'hui des situations de pénurie graves à certains endroits du pays. Certaines zones, en Région wallonne, doivent faire face à des situations critiques liées à ce manque de médecins généralistes.
L'augmentation de la demande, notamment par le vieillissement de la population, et la modification de l'offre, notamment par la féminisation de la profession et la modification des habitudes sociales des médecins , pourraient nous conduire à une grave pénurie, source de nombreuses attentes dans les cabinets, et d'une baisse de la qualité des soins.
Le contingentement de médecins, ainsi que les incitants à l'implantation de médecins dans certaines zones ou entités où l'installation de nouveaux médecins pose problème, relèvent de la compétence exclusive du Fédéral.
Le Gouvernement fédéral a récemment décidé de revoir les quotas qui limitaient à 700 le nombre de ces médecins autorisés à exercer leur métier. Ce chiffre sera progressivement porté à hauteur de 1.230 pour les années 2014 à 2018. Ce mécanisme de lissage, prolongé par le Gouvernement fédéral jusqu'en 2018, devra permettre de résoudre le problème des étudiants "surnuméraires" de la Communauté française.
Pour répondre à la pénurie croissante de médecins généralistes, le Gouvernement fédéral avait aussi décidé, en septembre 2006, d'offrir plusieurs aides financières (IMPLULSEO) , avec pour objectif de remédier à ce problème.
La dernière carte géographique INAMI, datée du 21 janvier 2008 et qui délimite « les zones à faible densité médicale », met à jour le fait que les zones déficitaires se situent pour la plupart dans le sud du pays, et notamment en Province de Luxembourg.
Le 17 décembre 2007, une réunion d'experts s'est tenue au Parlement fédéral et que les critiques face au système actuel se sont à cette occasion bien faites entendre. De plus, le profil des âges des médecins, fait que l'on peut s'attendre à une baisse du nombre de médecins francophones dès 2009, et qu'en 2039, l'offre atteindra 60% de l'offre de 2004. Selon l'étude du Centre d'expertise fédéral en soins de santé sur « l'offre de médecins en Belgique », publiée en janvier 2008, la moitié des médecins qui pratiquent aujourd'hui ont plus de 50 ans, avec de nombreux départs en retraite annoncés pour les prochaines années.
D'ici 5 à 10 ans, il conviendra pour les pouvoirs publics d'assurer la pérennité des gardes de première ligne.
Il n'est, pour l'heure, pas aisé pour les jeunes médecins de s'installer en zone rurale. La pratique de groupe permettrait aux médecins de diminuer la lourdeur des gardes et de concilier vie privée et vie professionnelle.
Le développement de maisons médicales pourrait partiellement, mais certainement, contribuer à lutter contre cette pénurie de médecins généralistes en zone rurale.
Le budget wallon 2008 des maisons médicales est de 1.705 milliers d'euros, soit, une augmentation de 142.000 euros par rapport à l'année précédente.
Contenu de la proposition de résolution:
Le Parlement wallon demande au Gouvernement wallon :- d'intervenir auprès du Gouvernement fédéral pour qu'il agisse avec détermination afin de revaloriser la profession de médecin généraliste en vue de renforcer la présence de médecins généralistes au sein des zones rurales dites « déficitaires » ;
- d'organiser, dans le plus brefs délais, des contacts avec les Gouvernements de la Communauté française et du Fédéral en vue de trouver des solutions efficientes à ce problème de santé publique ;
- d'envisager des actions communes, et concertées entre la Région wallonne, la Communauté française et le pouvoir fédéral, pour y parvenir ;
- d'analyser la situation des zones considérées par l'INAMI comme « déficitaires » en Région wallonne, et d'enregistrer les évolutions futures par zone ;
- de poursuivre sa réflexion à propos de l'octroi d'incitants pour la mise en place et l'organisation de pratiques de groupe en zone rurale, et notamment l'implémentation de maisons médicales ;
- de poursuivre son soutien financier à la mise sur pied de nouvelles maisons médicales sur le territoire wallon ;
- de présenter au Parlement wallon, et plus particulièrement à la commission de Action sociale et de la Santé, l'état d'avancement de la question d'ici fin 2008.
Dimitri FOURNY
Jean-Paul PROCUREUR
Anne-Marie CORBISIER
Michel de LAMOTTE
Monique WILLOCQ
