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Les avancées dans le sauvetage du centre MENA d’Assesse

09 mars 2010 | Question orale de M. Maxime PREVOT à Mme la Ministre Eliane TILLIEUX

Madame la Ministre,

Ainsi que je m’y étais engagé précédemment, je reviens à nouveau vers vous à propos du devenir du centre MENA d’Assesse. Suite à notre dernier échange sur ce dossier, au terme duquel je plaidais pour une action concertée des différents niveaux de pouvoir, je n’ai pas manqué de lire avec intérêts la réaction de la présidente du CPAS d’Assesse à vos déclarations. Ainsi que j’avais pu le souligner, cette dernière regrettait le manque de dialogue et d’informations dans ce dossier.

Aussi vous comprendrez ma satisfaction à l’annonce de la mission de négociation d’un accord de coopération pour la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés dont vous ont chargé les gouvernements de la Région et de la Communauté.

Madame la Ministre :

- Pouvez-vous nous informer de l’état d’avancement de vos consultations ?
- Pensez-vous être en mesure d’aboutir rapidement à un accord ? A tout le moins dans un délai suffisant pour permettre de sauvegarder le centre MENA d’Assesse ?

Je vous remercie.

Réponse de Mme Tillieux, Ministre de la Santé, de l'Action sociale et de l'Égalité des chances.


Monsieur le Député, Madame la Députée, c'est évidemment avec un plaisir partagé que nous évoquerons ensemble ce dossier du MENA d'Assesse qui nous tient tous à coeur.

Vous savez, puisque vous l'avez lu dans la presse : j'ai tenu à me rendre le 20 février dernier au centre MENA à Assesse et cela, effectivement, en compagnie de M. Courard, Secrétaire d'État en charge du dossier, puisqu'en charge des questions d'immigration.

J'ai souhaité rencontrer les responsables du Centre, les autorités politiques et surtout, parce que j'ai l'impression qu'on les oublie souvent alors que c'est pour eux qu'il faut se battre, c'est pour les travailleurs et surtout pour les enfants qui sont accueillis à Assesse : des enfants qui ont connu pour certains la guerre, l'abandon, la perte de parents. Des enfants qui sont marqués à vie et qui sont soutenus par des travailleurs remarquables. Et j'ai, encore, eu l'occasion de m'en rendre compte ce fameux week-end du 20 février.

Je suis allée sur place pour, tout d'abord, lancer un appel et ensuite, expliquer la démarche en cours au niveau du Gouvernement de la Région wallonne, mais également du Gouvernement fédéral et du Gouvernement de la Communauté française .

Tout d'abord, donc, un appel au calme, un appel à la raison : il ne sert à rien de faire de la musculation politique sur le dossier. Il ne sert à rien d'essayer de tirer la couverture à soi. Nous parlons - je le répète, c'est important - d'enfants : 24 enfants qui n'ont pas besoin d'être instrumentalisés. Nous sommes tous concernés par leur avenir et c'est ensemble que nous trouverons des solutions.

Cet appel a été entendu puisque je tiens à souligner, comme cela a été répercuté, le caractère positif de la rencontre. L'ensemble des participants a reconnu cette nécessité. Vous parliez de manque de dialogue, je pense que là nous avons eu tout le loisir de nous entendre : c'était congé de carnaval, on a pris le temps de se mettre autour de la table et d'entendre chacun.

Nous voulons ensuite expliquer notre démarche et, à mon initiative, le Gouvernement wallon a décidé, lors de sa séance du 11 février, de charger le Ministre-Président et moi-¬même de négocier un accord de coopération entre le Fédéral, la Communauté et les Régions en ce qui concerne cette question de l'accueil dans les centres MENA.

L'objectif de la conclusion d'un accord de coopération s'inscrit bien évidemment dans un cadre beaucoup plus large que la seule situation du centre MENA d'Assesse.

Il s'agit notamment de clarifier les compétences des différentes entités concernées dans la prise en charge des MENA et de mettre en place, le cas échéant, des mécanismes de coordination entre les différentes instances susceptibles d'intervenir tout au long du parcours.

Pour revenir au MENA d'Assesse, des pistes de solutions seront étudiées dans les prochaines semaines. Des réunions auront lieu dans les semaines, dans les mois à venir. Le MENA d'Assesse est un cas atypique en Communauté française puisque c'est le seul qui n'est pas reconnu par la Communauté française.. C'est donc en conséquence le seul qui ne bénéficie pas de financements structurels de la part de la Communauté française.

C'est pourquoi, il va être très utile dans les prochaines semaines d'étudier le mode de fonctionnement des autres centres MENA en Communauté française pour tenter de reproduire à Assesse ce qui marche partout ailleurs.

Il sera intéressant de chiffrer les différentes pistes de solutions et d'étudier, s'il est possible, de les reproduire à Assesse.

Je terminerai en répétant ma position qui est la même depuis le début. La question d'une aide financière ponctuelle, évidemment toujours sous réserve de l'avis de l'Inspection des Finances, ne peut être envisagée que dans la perspective de la mise en place de mesures beaucoup plus structurelles qui permettront de pérenniser l'activité du centre MENA à Assesse. Donc, pas de mesure à la petite semaine, mais une reconnaissance du travail effectué au centre MENA d'Assesse et je pense qu'il est unanimement reconnu si nous nous intéressons tous à cette question, c'est le cas.

Mme la Présidente. – La parole est à M. Prévot.

M. Prévot (cdH)


Je suis surpris que Mme la Ministre nous remercie pour notre question puisqu'apparemment celle-ci s'inscrit uniquement dans une démarche d'instrumentalisation politicienne des enfants. Propos, évidemment, que je ne peux accepter. Mme la Ministre, sauf votre respect, il faut pouvoir faire la distinction entre défendre avec conviction un dossier et vouloir pratiquer de la récupération politique. Que je sache, le seul travail parlementaire que nous avons fait est en commission : ce n'est pas nous qui nous sommes rendus avec les caméras sur place ! L'instrumentalisation, chacun a la notion qu'il veut par rapport à ce terme.

Pour le reste, je prends acte qu'il n'y a rien de neuf dans le dossier, si ce n'est qu'il se poursuit continue à voir le jour, tant mieux. Sachez qu'on continuera à s'assurer que cela puisse être le cas pour aboutir à une solution qui soit bénéfique pour les intéressés, quels qu'ils soient.